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Pour Mélenchon, Merkel a pris le pas sur Hollande en Europe

 

 

Angela Merkel est parvenue à imposer ses vues sur l'Europe et François Hollande s'est rendue à la discipline budgétaire imposée par le traité européen dit "Merkozy". C'est ce que pense Jean-Luc Mélenchon au vu des dernières annonces du sommet Monti-Hollande-Merkel et Rajoy de vendredi.

Pour l'ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle , Hollande et son gouvernement "viennent de capituler, d'accepter la règle de Mme Merkel qui en plus se fiche d'eux." 

Lors de l'émission "Le grand rendez-vous Europe I-TELE/Le Parisien-Aujourd'hui en France", le leader du Front de gauche a qualifié de"mystification", l'accord vendredi à Rome entre la France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie pour le déblocage de 120 à 130 milliards de fond européen en faveur de la croissance, et l'adoption restreinte de la taxe sur les transactions financières. Une pécadille alors que l'Allemagne est en passe d'imposer le traité de discipline budgétaire à l'ensemble de la zone euro. Le co-président du Parti de gauche en veut pour preuve le fait que le Parlement allemand s'apprête à adopter le traité de discipline budgétaire le 29 juin, au moment même où se tient le sommet européen de Bruxelles (28, 29 juin).

Victoire par KO du gouvernement CDU-CSU

Lors de ce sommet européen, "on aurait dû poser sur la table la nécessité de renégocier le traité, eh bien c'est ce jour-là que Mme Merkel décide de faire passer au Bundestag, avec l'appui des socialistes allemands, le traité (de discipline budgétaire) tel qu'il est. C'est la victoire par KO du gouvernement allemand CDU-CSU contre le gouvernement socialiste français" et François Hollande "est en train de se faire avoir mais avec son consentement".

"Arrêter de raser les murs"

"Il est persuadé qu'on peut s'arranger comme il le faisait à la tête du PS" alors que "là, il s'agit des intérêts des puissances économiques, il s'agit de rapports de force entre les nations" a encore déclaré M. Mélenchon estimant que face à l'Allemagne, "il faudrait peut-être arrêter de raser les murs".