Européennes : Le Front de gauche

 

              au bord de la rupture

 

 

 

 

A huit semaines du scrutin, la désignation des candidats du Front de gauche (FdG) aux élections européennes est toujours au point mort. « Le secrétariat national du Parti de gauche (PG), réuni [hier soir], n’a pu que constater l’échec, à ce stade des négociations permettant de se présenter ensemble aux élections européennes », déplore Eric Coquerel, secrétaire national aux relations unitaires du PG, dans un courrier public adressé au PCF. Le Parti communiste, qui réunissait hier son conseil national, a transmis à son issue à ses partenaires une répartition des candidatures qui a« stupéfié » le PG. Dans les sept circonscriptions de métropole, le PCF se réserve en effet 3 têtes de liste (Ile-de-France, Nord, Centre), attribue celle du Sud-Est à la député européenne Marie-Christine Vergiat, une personnalité non-encartée qu’il avait choisie en 2009 et qui est restée très liée au PCF, concède 2 têtes de liste au PG (Sud-Ouest et Est) et la dernière (Grand Ouest) à Ensemble.

Inacceptable pour le PG qui juge le schéma de répartition du PCF "tellement déséquilibré qu’il constitue une négation du Front de gauche" :

« Vous revendiquez [...] choisir quatre têtes de liste dont les trois meilleures régions du pays [...]. Alors que le PG menait la campagne dans 3 régions en 2009, cette fois-ci ce ne serait plus le cas que dans 2, [dont] l’Est où tout le monde s’accorde à dire qu’il est le plus difficile pour le FdG d’obtenir un élu. Ainsi, dans votre actuelle proposition, l’élargissement du FdG ne peut se concevoir qu’à condition que le PCF maintienne toutes ses positions. En conséquence vous voulez obtenir du PG, à qui déjà en 2009 vous aviez demandé de se présenter dans les régions les plus difficiles et qui n’avait eu un élu dans le sud-ouest que par la personnalité de Jean-Luc Mélenchon, de renoncer à avoir d’autres élus en cas de résultats au niveau des sondages actuels. »

Le Front de gauche « ne peut se concevoir comme une alliance autour d’un parti », avertit le PG qui donne au PCF jusqu’au 5 avril, date à laquelle il réunit son bureau national, pour lui faire « une position plus équilibrée ». Le parti de Jean-Luc Mélenchon souhaite en effet que les « élections européennes soient l’occasion (...) du nécessaire rééquilibrage du FdG après des législatives où 80 % des candidats étaient communistes, des municipales où lorsque nous avons fait accord 90 % des têtes de listes étaient communistes et alors que nos groupes parlementaires à l’Assemblée nationale comme au Sénat sont à quasi totalité communistes et qui plus est totalement autonomes de nos instances de coordination du FdG. »