Universités d'été du PCF et du PG...

 

L'HUMANITÉ

 

La crise grecque

au menu de la rentrée

 

JULIA HAMLAOUI ET GÉRALD ROSSI
VENDREDI, 28 AOÛT, 2015

Le PCF et le Parti de gauche tiennent leur université d’été respective. L’alternative à l’austérité imposée en Grèce et en Europe et les élections régionales sont au menu en Savoie comme en Haute-Garonne.

L’heure de la rentrée a sonné pour les militants du PCF et du Parti de gauche, qui se retrouvent dès vendredi pour leurs universités d’été respectives aux Karellis (Savoie), pour les premiers, et à Toulouse (Haute-Garonne), pour les seconds. Et cette rentrée pourrait se révéler animée. Pas question, en tout cas, d’un retour de vacances dans un calme olympien tant l’actualité grecque marquée au fer de l’austérité est au cœur des débats.

L’urgence est de créer de nouvelles solidarités entre peuples européens

« La situation en Grèce ces dernières semaines doit nous amener à une rentrée politique très offensive », a estimé jeudi Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Une ambition qui a sans doute de quoi mettre tout le monde d’accord au sein du Front de gauche dont les appréciations se sont faites diverses ces dernières semaines, sur la question européenne et les choix du gouvernement hellénique. Un objectif commun pourrait cependant se dessiner : construire un rapport de forces susceptible de changer la donne sur le continent. Ce week-end, lors de son « remue-méninges » à Toulouse, le Parti de gauche entend poursuivre sa réflexion sur son « plan B », a expliqué mercredi son coordinateur, Eric Coquerel. Un « plan B » qui consiste pour le PG à envisager une sortie de l’euro, voire de l’Union européenne. L’invitation qu’il a lancée à un « sommet internationaliste du plan B » n’a cependant pas réglé la question de son contenu. « Un plan B d’accord, mais discutons de ce qu’il y a dedans », invite Olivier Dartigolles, pour qui « les plus intéressés pour l’heure à une sortie de l’euro (de la Grèce — NDLR) sont nos adversaires ». Selon le dirigeant communiste, au-delà de la question monétaire, l’urgence est à créer « de nouvelles solidarités entre peuples européens, de proposer de grandes batailles politiques communes. Plus personne ne doit se retrouver seul », tranche-t-il. De quoi alimenter les débats respectifs des deux partis ce samedi après-midi avec des formations européennes, dont Unité populaire, pour le PG, et les partis de la gauche française, pour le PCF.

« Il ne faudrait pas passer à l’as le changement de politique en France car sortir ici de l’austérité, notamment par la relance de l’investissement public, c’est un élément de la solution », estime également le porte-parole du PCF. Dans le collimateur, le budget 2016 que doit présenter prochainement le gouvernement, alors que Manuel Valls vient à nouveau de confirmer, malgré la croissance en berne et le chômage en hausse, son cap libéral. Mais aussi les élections régionales de décembre prochain. À cet égard, Ensemble, la troisième formation du Front de gauche, a eu beau multiplier les appels à l’unité durant son université d’été à Bordeaux, le week-end dernier (« Il y a urgence, le Front de gauche doit faire avancer rapidement la question du rassemblement et d’un programme bâti en commun », y a notamment déclaré l’une de ses porte-paroles, Myriam Martin), celle-ci s’avère complexe. Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe écologie-les Verts, a confirmé sa fin de non-recevoir à la proposition de « discussions nationales » auxquelles le PG invitait les écologistes, Nouvelle Donne et ses partenaires du Front de gauche.

En filigrane, la question du devenir du Front de gauche

Dans les colonnes de Sud Ouest, la réplique énervée de Jean-Luc Mélenchon ne s’est pas fait attendre : « Ils veulent partout avoir la tête de liste et compter le score pour EELV ; c’est sectaire », a-t-il lancé, ajoutant qu’il « refuse les comportements qui aboutissent à expulser les communistes ». Une main tendue vers ses premiers alliés alors qu’en Rhône-Alpes-Auvergne, son parti privilégie jusqu’à présent une alliance avec EELV plutôt qu’avec les communistes ? Pour sa part, le PCF s’est doté d’une « feuille de route » avant l’été et entend s’y tenir : « Nous souhaitons, dans un paysage varié, partout rassembler le plus largement pour lutter contre l’austérité et mener des politiques régionales publiques allant dans la bonne direction », prévient Olivier Dartigolles.

En filigrane, c’est aussi une question plus interne qui devrait traverser le week-end, celle du devenir du Front de gauche : « Nous n’avons pas réussi depuis 2012 à aller vers un mouvement plus homogène. Ce n’est pas très grave. Il faut maintenant travailler à ce que notre mouvement citoyen dépasse le simple cartel », assure Eric Coquerel, dont la formation propose notamment des « assemblées représentatives » décisionnaires en vue des prochaines élections. Une option qui ne fait pas l’unanimité. Et qui n’est sans doute pas la seule. Alors que Jean-Luc Mélenchon réitère en cette fin d’été sa proposition de candidature pour 2017, côté communiste, on estime qu’aucune étape ne doit être enjambée : « Si rien ne bouge d’ici là, nous serons dans une situation très dangereuse, estime Olivier Dartigolles. Tout ce qui peut être gagné, mois après mois, est déterminant. »