Hollande sur France 2. La syndicaliste "censurée" par l'Élysée ?

 

  • Normalement conviée face à François Hollande, la syndicaliste Nadine Hourmand s'est vue refuser le face à face dans l'émission Dialogues Citoyens le 14 avril sur France 2.Normalement conviée face à François Hollande, la syndicaliste Nadine Hourmand s'est vue refuser le face à face dans l'émission Dialogues Citoyens le 14 avril sur France 2. | Archives Ouest-France

 

Normalement conviée face à François Hollande, la syndicaliste Nadine Hourmant s'est vue refuser le face à face dans l'émission " Dialogues Citoyens " le 14 avril sur France 2.

 

«  Le Président a peur d'entendre le retour de la base.  » Voilà ce lundi soir le sentiment de Nadine Hourmant, la déléguée Force ouvrière (FO) de Doux.

La syndicaliste devait se rendre, ce jeudi 14 avril, sur le plateau de Dialogues Citoyens, sur France 2. L'émission met en face à face des citoyens et le président de la République sur des thématiques de société.

Mais voilà, il y a quelques jours, «  j'ai reçu un appel du producteur de l'émission qui m'annonce que mon passage est déprogrammé  ».

Pression du pouvoir ?Un rebondissement qui étonne beaucoup la déléguée FO. «  J'avais déjà eu plusieurs entretiens avec les producteurs et l'équipe de l'émission pour préparer le rendez-vous. Il y a une censure.  »

Cependant, Nadine Hourmand ne jette pas la pierre sur les journalistes. «  Durant la préparation, ils m'avaient annoncé que le choix des invités, c'est leur domaine.  » Pour elle, la pression ne peut venir que d'en haut. «  De l'Élysée, du Président qui ne veut pas affronter les vrais problèmes.  

Au siège de France Télévisions, on confie ce lundi 11 avril que «  des ajustements ont dû être réalisés pour que l'émission respecte le bon timing. Nous avons décidé d'une nouvelle sélection de citoyens. ll ne faut pas monter tout cela en épingle, il n'est pas question de pression.  »

Un panel réduit pour les journalistes« On a décidé de réduire le panel de participants de six à quatre pour laisser le temps aux journalistes d'approfondir les sujets » et parce que le nombre de thématiques abordées a aussi été réduit (de quatre à trois: travail, terrorisme, crise démocratique), a indiqué une porte-parole.

« Le panel a été sélectionné pour son implication, pour sa capacité à représenter la société civile et les préoccupations des citoyens », les déprogrammations « ne sont pas liées au fait que leur profil pose problème », a-t-elle poursuivi.

Interrogé par l'AFP, l'Elysée a également démenti toute intervention dans l'organisation de l'émission: « C'est totalement faux, France 2 a déterminé le casting des citoyens qui allaient dialoguer avec le Président et des journalistes choisis pour l'interroger ».

France Télévisions dit avoir fourni, « pour des raisons de sécurité », les « grands équilibres » de l'émission mais pas davantage. « On est au courant des grandes articulations de l'émission, et notamment la part réservée aux journalistes. Elles faisaient partie de la proposition de France 2, mais on ignore son détail », a indiqué l'Elysée.