"Nous, communistes, avons choisi de soutenir Jean-Luc Mélenchon pour 2017"

TRIBUNE - En participant à la primaire de la gauche et des écologistes, en participant à l'Appel du 1er mai, le PCF semble chercher un autre candidat que Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2017. A rebours de cette tendance, d'autres communistes appellent à le soutenir. Ce débat promet de grandir d'ici le congrès du PCF en juin prochain.

Jean-Luc Mélenchon reçoit le soutien de militants communistes

Jean-Luc Mélenchon reçoit le soutien de militants communistes. (Sipa)

"Notre vie quotidienne est de plus en plus dure : le chômage et la précarité s’étendent, les services publics sont dégradés et des quartiers entiers oubliés. L’avenir apparaît bouché. Dans le monde les crises financières menacent, le drame des réfugiés fait honte à l’humanité et les guerres se multiplient.

Pour nous, tous ces maux sont le résultat d’un libéralisme triomphant que François Hollande a imposé en France. Ce ne sont pas seulement nos conditions de vie matérielles qui sont mises en cause. Toute notre façon de vivre est imprégnée de ces règles issues du monde de la haute finance.

"Des personnalités font des propositions dans leur 'entre soi' avec celles et ceux qui ont participé ou soutenu ce gouvernement"

On vante la concurrence, la performance et l’évaluation de nous-mêmes sur des critères dont l’humain a disparu. "L’autre" devient un ennemi dont la présence mettrait en cause notre identité. Tous les rapports sociaux tendent à être privatisés. Le contrat de travail lui-même devrait être négocié pour chaque personne.

Nous disons STOP à tout cela.

«Nous avons le sentiment que celles et ceux qui sont sur les places de France ont "quelque chose dans le cerveau".»

Nous avons le sentiment que celles et ceux qui sont sur les places de France ont "quelque chose dans le cerveau". Ils veulent que la politique change et qu’elle serve à "faire société". Nous faisons partie des 1.600 communistes qui ont choisi, dans un appel/pétition, de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2017 parce que c’est la seule qui nous permette de conserver cet espoir.

Des personnalités nous proposent des primaires, lancent des appels pour une alternative au gouvernement et veulent "reconstruire la gauche". Elles font toutes ces propositions dans leur "entre soi" avec celles et ceux qui ont participé ou soutenu ce gouvernement et avec les partis qui ont conduit la gauche à la faillite.

"Les idées d’extrême-droite ne seront pas stoppées par des coalitions fondées sur des compromissions politiques"

Pourtant on peut faire du neuf. Du nouveau émerge en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Islande, en Autriche. Dans ces pays, non seulement les sociaux-démocrates et les démocrates libéraux sont reconnus responsables des difficultés et sanctionnés pour cela, mais de nouvelles forces postulent au pouvoir.

Les idées d’extrême-droite ne seront pas stoppées par des coalitions fondées sur des compromissions politiques. Il faut "tout simplement", comme dit Edgar Morin, proposer "une autre voie". Une voie qui redonne confiance dans l’intérêt général, le partage des richesses, la démocratie citoyenne, le respect de la planète, l’innovation et l’intelligence collective, l’appropriation de tous les savoirs par toutes et tous. Une voie qui dise clairement que tout cela n’est possible qu’en rompant avec les logiques financières.

«Jean-Luc Mélenchon s’engage à mettre en place un processus constituant permettant de supprimer cette "monarchie républicaine" dans laquelle un homme seul décide de tout pendant cinq ans.»

Tous ces thèmes, et d’autres, sont ceux que Jean-Luc Mélenchon met en débat dans un mouvement ouvert à toutes celles et tous ceux qui se sentent "insoumis" à cet ordre capitaliste. C’est l’esprit qui avait présidé à la construction du Front de gauche : rassembler celles et ceux qui ne renoncent pas à changer la société. Et cela s’inscrit dans la poursuite de "L’Humain d’abord". Pour changer de République, la France a besoin d’élu-e-s honnêtes et soucieux de la défense de l’intérêt général. Mais ils et elles devraient être aussi divers que la population de notre pays. Leur élection ne peut dépendre d’alliances politiques dictées par des partis discrédités par leur soumission aux intérêts privés en négociant avec eux un programme au rabais.

"Passer la barre des 20% avec Jean-Luc Mélenchon, nous croyons que c’est possible"

Nous avons besoin de parlementaires qui fassent les lois et contrôlent le gouvernement. Pour cela, le choix du futur président sera décisif. Jean-Luc Mélenchon s’engage à mettre en place un processus constituant permettant de supprimer cette "monarchie républicaine" dans laquelle un homme seul décide de tout pendant cinq ans. Enfin, nous soutenons Jean-Luc Mélenchon parce que nous croyons que sa candidature - notre candidature - peut être gagnante. Aujourd’hui, avec 20% des voix en Europe, de nouvelles forces politiques sont en situation de diriger leur pays. Et bien passer la barre des 20% avec Jean-Luc Mélenchon en France, nous croyons que c’est possible.

Nous voulons tout faire pour cela, car c’est de l’avenir de celles et ceux qui veulent un nouveau monde dont il s’agit ; mais aussi de l’avenir du communisme."

Les signataires : 

François Châtelet, co-animateur d’assemblées citoyennes mises en place par le Front de gauche en Région parisienne
Max Grau, secrétaire de section dans le Val d'Oise
Patrice Gravoin, membre du bureau de section du PCF d’un arrondissement parisien
Francis Parny, membre du conseil national du PCF, démissionnaire de l’exécutif national du PCF
Anpierrette PColas, secrétaire de section dans le Lot-et-Garonne
David Pellicer, secrétaire départemental de la fédération du Tarn-et-Garonne du PCF
Françoise Quainquard, co-animateur d’assemblées citoyennes mises en place par le Front de gauche en Bretagne.