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Emmanuel Macron inventele populisme version CAC 40

 

 

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Pour son premier meeting, mardi soir à la « Mutu » à Paris, Emmanuel Macron n'a rien dit de précis sur son possible départ du gouvernement ou sa candidature à l'élection présidentielle. Mais, empruntant une terminologie proche du Medef, il est entré en campagne, en proposant de « dépasser les clivages » gauche-droite et de « libérer le pays ».

 

 

 

L'Humanite.fr

 

Macron, une « denrée périssable »?

 

PAR MAUD VERGNOL
AFP

L'éditorial de Maud Vergnol Encore un accroc à son costume d’homme providentiel.

Encore un accroc à son costume d’homme providentiel. Après avoir usé toutes les grosses ficelles de la communication politique pour voler la vedette à François Hollande, la veille du 14 juillet, Emmanuel Macron a finalement redescendu une marche, en n’annonçant pas sa candidature à l’élection présidentielle. Son premier meeting, hier soir à la Mutualité, avait pourtant pour objectif de placer le ministre de l’Économie sur « la ligne de départ », de dévoiler sa « vision d’homme d’État »…

Il n’aura offert qu’un médiocre spectacle de tout ce que la communication politique peut faire de pire, summum de novlangue libérale inspirée des travaux de l’Institut Montaigne. Car chez les « marcheurs », on ne convainc pas un citoyen, on « pénètre un marché ». On ne distribue pas de tract, on « diffuse un produit ». On n’est pas adhérent d’un parti (trop ringard!), mais un entrepreneur qui « disrupte » ses concurrents. Bref, on « fait de la politique autrement », c’est-à-dire comme toutes les générations d’énarques qui l’ont précédé, avançant masqués dans un carnaval de renoncement au progrès au social.

Emmanuel Macron, c’est un peu Bernard Tapie, en moins vulgaire. Quoique… Dans un entretien publié dans le Wall Street Journal, le ministre de l’Économie n’a rien trouvé de mieux que de comparer son ancienne activité de banquier d’affaires à de la prostitution. « On est comme une sorte de prostituée. Le job, c’est de séduire », lâchait le champion du mépris de classe, incarnation de la technocratie au service de la finance.

La droite, qui le considère comme l’un des siens, ne s’y trompe pas, tout comme le grand patronat, qui n’hésitera pas à mettre la main au portefeuille pour faire gravir les marches à son « obligé ». Pour garantir la croissance d’En marche !, le ministre de l’Économie s’est tourné vers une agence spécialiste de la publicité alimentaire. Macron, «une denrée périssable» ?