Une petite pause

 

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Une vraie semaine sans politique après 18 mois sans interruption 

Le moment de prendre une petite pause arrive. Je dis « petite » car il s’agira en fait d’une semaine pendant laquelle je couperai vraiment avec la politique. Au programme, cure de sommeil et prise de bon temps dans le Sud-Ouest. Après quoi, une fois rentré à Lille, il me faudra régler de nombreux détails administratifs et l’ajustement de mon dispositif en circonscription. La session extraordinaire qui va s’achever, en exigeant une présence quasi permanente à l’Assemblée Nationale, ne m’a pas permis de le faire. Puis, je ferai ma rentrée politique avec les « Amphis d’été » de La France Insoumise qui se tiendront à Marseille du 24 au 27 Août. Si ce n’est pas encore fait, courrez vous inscrire car cela va être quelque chose que cette rentrée de notre mouvement ! Elle marquera le début d’une nouvelle séquence politique qui s’annonce déjà tout aussi passionnante que chargée. D’importants rendez-vous sont déjà à noter dans vos agendas : D’abord, nous devrons créer les conditions de la plus ample mobilisation possible derrière les syndicats le 12 Septembre contre la casse de notre Code du Travail par ordonnances. Puis, La France Insoumise sera à l’initiative d’une grande marche à Paris le 23 Septembre contre ce que nous avons appelé le « Coup d’Etat Social » de Macron (loi ordonnances, préférence pour les riches, application du traité de libre-échange CETA sans vote du Parlement…). Ces rendez-vous nous amèneront bien rapidement à celui d’Octobre qui verra se réunir une nouvelle Assemblée Représentative du mouvement La France Insoumise afin de décider collectivement de la suite immédiate de notre action collective. Quant à moi, je devrais ajouter à cela les nombreux rendez-vous en circonscription à partir de la rentrée, la mise en place d’outils pour rendre compte régulièrement de mon mandat de député pour garder un lien étroit avec les citoyen-ne-s ainsi que j’ai déjà commencé à le faire, l’ouverture d’une permanence et la reprise du travail parlementaire en Commission des Affaires Sociales et en probable Séance Extraordinaire dès Septembre. Bref, cette pause sera courte et précédera un rythme de travail acharné comme c’est devenu notre habitude. Je réalise en écrivant ces mots que je n’ai plus coupé complètement avec l’activité politique quotidienne depuis plus de 18 mois, enchainant la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon après mes horaires de travail, puis les cinq semaines de congés sans solde pour mener sans m’économiser une campagne législative victorieuse et enfin, l’arrivée à l’Assemblée avec un travail d’ampleur immédiat et un intérêt médiatique fulgurant qui m’a amené à courir les plateaux télé et radio entre deux séances dans l’hémicycle ! Le seul recul sur ma nouvelle situation m’a été offert par les électrices et électeurs que j’ai pu croiser, les mots des volontaires de La France Insoumise ou ceux de mes proches. Il est temps pour moi de profiter de la pause pour me faire ma propre idée de ce qui vient de se produire afin d’encore mieux repartir.

La France Insoumise, une force dans la recomposition politique 

Oui, même trois mois après, il m’arrive encore d’imaginer ce que nous serions en train de faire de si grand si nous étions parvenus à hisser Jean-Luc Mélenchon à la place où se trouve aujourd’hui Emmanuel Macron. La Constituante, l’engagement de la planification écologique, le partage des richesses, les négociations avec nos partenaires européens… où en serions-nous ? Malgré la déception d’avoir manqué de peu ce rendez-vous avec l’Histoire, le bilan est formidable : Nous avons rassemblé 7 millions de voix, nous disposons d’un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale et d’un mouvement ouvert qui a fait la preuve de sa radicale efficacité dans l’action autour de son programme et qui compte aujourd’hui plus d’un demi million de personnes. Nous ne devons jamais perdre de vue que notre objectif demeure la prise du pouvoir par les urnes. Les actes politiques que nous posons constituent autant d’étapes intermédiaires jusqu’à la réalisation de cette Révolution Citoyenne dont nous savons bien qu’elle est désormais inéluctable. Il nous revient de sentir les moments, de ne pas nous disperser, de travailler toujours avec sérieux et méthode, d’affûter nos arguments. Chaque jour qui passe nous rapproche de l’objectif. Nous devons donc agir en conscience. Le mouvement de La France Insoumise fédère par l’action autour de cet objectif et de son programme. Il est un outil central dans la recomposition politique qui s’opère. L’élection présidentielle, comme les législatives, ont amorcé cette recomposition. Le premier fait politique est une abstention massive. Le Peuple a signifié qu’il ne se reconnaissait plus dans les pratiques politiques entendues. La France Insoumise a été le seul mouvement politique à commencer un véritable travail de terrain pour enrayer l’abstention. Nous devons continuer sans relâche et en dehors du calendrier électoral. Nous ne pouvons pas exiger des citoyen-ne-s qu’ils renouent avec les pratiques politiques. Ce sont les pratiques politiques qui doivent renouer avec les citoyen-ne-s. Ce sera notre tâche prioritaire. Nous sommes les mieux placés pour le faire. Les partis politiques traditionnels, PS et LR en tête, sont durablement mis à mal. Le centre de gravité n’est plus chez eux. La gauche et la droite libérale sont aspirées par En Marche! qui constitue une sorte de grand parti démocrate à l’américaine, achevant la démonstration d’une atténuation ou d’une disparition des « vieux clivages » dès lors que l’on s’accommode du libéralisme économique, du productivisme et de l’ordre imposé par la Commission Européenne. L’espace idéologique et politique de la droite située entre « En Marche! » et Le Front National se restreint considérablement. L’espace idéologique et politique de la gauche située entre « En Marche! » et « La France Insoumise » est réduit à néant. Finalement, « En Marche ! » est un phénomène qui a accéléré une clarification politique qui était nécessaire. En cela, ils nous servent. Nous en sommes le parfait antidote. La confrontation philosophique entre nous est totale. Le paysage politique s’en trouve plus facile à appréhender.

Un petit groupe parlementaire qui fait grand bruit !

Donc nous avons un groupe parlementaire. Nous ne sommes que 17 mais nous avons créé la surprise. On ne nous attendait pas et encore moins comme cela. Je ne compte plus les témoignages de celles et ceux qui nous disent qu’avant, ils regardaient la chaine parlementaire pour s’endormir et faire la sieste et que, désormais, ils n’arrivent plus à décrocher ! Tout a commencé avec l’épisode des cravates. Non sujet pour nous puisque cela s’est décidé en quelques instants à la fin d’une réunion de groupe. Nous avions juste considéré que la plupart des hommes du groupe ayant été élus sans cravate puisque n’en portant jamais, nous ne voyions pas pourquoi ils auraient à se déguiser pour entrer dans l’hémicycle. Le bureau de l’Assemblée nous donna raison. Nous n’avions pas le sentiment de faire là un « coup d’éclat », ni même de ne pas être respectueux parce que notre chemise et veste ne sont pas assortis d’une cravate. Déjà l’attention était focalisée sur nous. Nous avons poursuivi en choisissant, malgré un rapport de force qui nous est défavorable, de travailler sans relâche, d’argumenter, de décrypter, de proposer avec un ton qui vise à chercher à convaincre et à donner à voir. A l’intérieur d’abord car nous savons bien qu’aux yeux des députés de La République en Marche qui n’ont pas notre formation idéologique et cette charpente politique, nous sommes une espèce extraterrestre en voie de disparition. A l’extérieur aussi, car nos débats ne doivent pas rester cloisonnés dans cet hémicycle mais doivent en sortir pour contribuer à la conscientisation dans le pays au service de la Révolution Citoyenne. Ainsi et de même que pour la cravate, quand nous amenons un panier de course pour illustrer ce que représente la baisse de 5 euros d’APL, ce n’est pas pour faire un « coup d’éclat », c’est pour donner à voir, c’est faire de la politique.

Nous sommes un vrai groupe. L’idée n’est pas de nous singulariser mais de véritablement fonctionner et avancer ensemble. L’ambiance de travail est excellente, avec un équilibre de générations et de profils et un collectif très compétent et déterminé à nos côtés. Nous sortons de cette session extraordinaire bien conscients de l’immense capacité de ce collectif humain, surtout s’il peut compter sur l’activité intense d’un mouvement qui trépigne d’impatience qu’arrive la rentrée ! Oui, nous allons faire de belles et grandes choses ensemble, je le crois. Le rôle de Jean-Luc Mélenchon comme Président de groupe surprend plus d’un commentateur :

Quoi ?! Jean-Luc Mélenchon n’est pas un chef qui décide de tout, tout seul, et impose à son groupe de faire ce qu’il dit comme il l’entend ?! Quoi ?! Jean-Luc Mélenchon est soucieux de la transmission, fait de la place pour les jeunes, les accompagne, les encourage ?! Plus d’un ont du mal à l’accepter, et pourtant…

C’est un peu de la même manière, avec beaucoup de surprise, qu’ils nous ont découverts ! Ce fût mon cas. Ayant mené la bataille en Commission des Affaires Sociales avec mes deux collègues contre la majorité et la ministre du travail sur le Projet de Loi d’habilitation à légiférer par ordonnances sur le Code du Travail , quand je monte à la tribune le 10 juillet pour défendre en une demi-heure la motion de rejet présenté par le groupe, je le fais comme j’ai pris l’habitude de faire comme militant : j’ai travaillé mon discours avec sérieux, j’y ai consacré quelques heures de travail pendant le week-end à Lille et je sais avant de le prononcer qu’il atteindra sa cible. Je descends les marches ensuite, avec le sentiment de la tâche accomplie et je vois bien que le groupe est ravi. Mais je n’avais pas anticipé le retentissement médiatique qui s’en suivrait : Articles, portraits multiples, invitations télé, radio, toujours avec le souci de ne pas me laisser griser par les évènements et de bien faire ce pour quoi je suis là, en pensant autant que nécessaire à celles et ceux qui m’ont confié ce mandat. Les retours sont excellents. J’en suis content. Je suis disposé à continuer sur cette voie là.

Finalement, cette session extraordinaire nous aura permis d’essuyer les plâtres. En un mois, nous avons beaucoup appris. Nous sommes, comme nous l’avions annoncé pendant la campagne : un groupe de combat !

Macron, c’est déjà fini !

Je viens de dire combien nous sortons renforcés de la séquence politique correspondant à cette session parlementaire. Tout le monde ne peut pas en dire autant ! Le Parti Socialiste a beau avoir rebaptisé son groupe « Nouvelle Gauche », il ne capte pas l’attention et pour cause. Le groupe des Républicains existe difficilement quand il ne fait pas dans la surenchère droitière. Le FN est réduit à un petit socle à peine audible. Les LR/UDI dits « constructifs », meilleurs alliés d’En Marche! jouent le rôle de perroquets de la majorité tout en se situant dans « l’opposition ». Bref, pas simple pour le vieux monde de survivre ! Quant à celui qui prétend être le nouveau monde, trois mois lui auront suffit pour faire tomber le masque. Macron et sa majorité sortent de la séquence hyper fragilisés. L’épisode du limogeage du Général De Villiers, les multiples couacs à l’Assemblée, la préférence pour les riches assumée avec la baisse des APL pour les plus modestes d’une part et la baisse de l’ISF pour les plus riches d’autre part, le choix des ordonnances et d’un débat expédié pour revoir l’ordre juridique et social des 18 millions de personnes qui travaillent dans le privé, la saignée dans les budgets, des révélations de stock-options en plein débat pour une loi de moralisation devenue loi pour la confiance bourrée d’angles morts, qui manque cruellement d’ambition en ne focalisant que sur les parlementaires et en définitive rate sa cible (j’ai dit que cette loi devrait s’appeler « la loi des tickets de caisse des parlementaires » !)…

Enfin, l’opinion commence à comprendre ce dont Macron est le nom : une illusion d’optique habilement conçue pour perpétuer des politiques libérales déjà menée par les gouvernements de droite et du PS précédents et qui ont fait la preuve de leur inefficacité. Macron était bel et bien le joker du système. Il l’aura vite usé. Gageons qu’il n’y en aura pas d’autre. Voyez aussi comme la zizanie commence à être semée dans les rangs de la majorité. Certains députés LREM disent même qu’ils se donnent l’été pour réfléchir à retourner donner les ordres au travail plutôt que de les recevoir à l’Assemblée !

Pendant qu’ils réfléchiront, nous reprendrons des forces pour les prochaines batailles à mener !

A partir de la rentrée, je m’efforcerai de rédiger une petite note de journal de bord hebdomadaire.  Il y aura aussi d’autres outils que nous mettrons en place et vous présenterons dès qu’ils seront prêts. En attendant, je vous invite à retrouver mes différentes interventions à l’Assemblée et dans les médias en vidéos avec les liens suivants. N’oubliez pas que les caravanes de La France Insoumise parcourent le pays tout l’été pour expliquer les dangers de la Loi Travail par ordonnances et poursuivre la campagne d’accès aux droits commencée l’an dernier. Pour ma part, je pars mais je reviens très vite. Je vous dis donc à très bientôt, au service de notre idéal !

Invité des Grandes Gueules RMC / La Chaîne 23 le 3 Août : 

https://www.youtube.com/watch?v=1KAjgYjqpNQ