JO 2024 : «Il faudra que les promesses soient tenues»

 

 


Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis . LP
Gwenael Bourdon
 

Eric Coquerel, député France Insoumise de la 1re circonscription du 93

Propos recueillis

Les élus du Parti de gauche, puis les ténors de la France Insoumise n’en font pas mystère. La perspective des Jeux olympiques à Paris en 2024 ne déclenche pas leur enthousiasme. Alexis Corbière, député de la 7e circonscription de Seine-Saint-Denis, a redit récemment sa crainte de voir la manifestation laisser « une ardoise » à la population. Qu’en dit Eric Coquerel, nouveau député de la 1recirconscription ? Un territoire directement concerné par l’échéance sportive : L’Ile-Saint-Denis, Saint-Denis et Saint-Ouen doivent notamment accueillir le village olympique, futur écoquartier, et une piscine de compétition.

Les Jeux olympiques en 2024 dans le 93, c’est une bonne chose ou pas ?

Eric Coquerel. Je connais bien les JO. J’avais une société de communication dans le sport. J’ai notamment travaillé pour l’équipe de France de voile. J’ai vu de près les Jeux de Londres, d’Athènes... C’est un grand événement populaire, fraternel. Mais j’estime qu’il est beaucoup trop soumis à des sponsors privés, à des intérêts financiers. Il y a une démesure. Les Jeux ont laissé une lourde facture à Athènes et au Brésil. Les équipements censés être réutilisés sont déjà en ruine...

Mais au Bourget, par exemple, le maire se félicite des investissements massifs promis sur sa commune...

 

Je ne trouve pas normal que des travaux jugés nécessaires soient conditionnés à l’obtention des JO. Pourquoi l’enfouissement de lignes à haute tension, la construction d’un écoquartier, la couverture de l’autoroute A 86 doivent-ils dépendre d’un événement sportif ?

Votre circonscription sera directement concernée, si Paris décroche les JO : un village olympique, une piscine olympique...

Si Paris est désignée, la question sera : comment atténuer le poids des sponsors et le gigantisme de l’organisation ? Je rejoins les élus de Plaine Commune lorsqu’ils disent qu’il faut une vraie mobilisation pour que la Seine-Saint-Denis bénéficie de ces Jeux, avec des équipements pérennes. Il faut aussi réfléchir au statut des bénévoles qui se mobiliseront sur le territoire.

Quel sera votre rôle de parlementaire ?

Ce sera de veiller au respect des engagements couchés sur le papier, sur le plan social et écologique. Il faudra que les promesses soient tenues. Je suis contre le recours aux travailleurs détachés, mais comment peser face aux grands groupes qui décrocheront les chantiers ? De la même manière, que se passera-t-il si le budget prévu pour les équipements ne suffit pas ? Que fera-t-on une fois l’enveloppe épuisée ? Enfin, je serai attentif aux effets possibles des Jeux sur les prix de l’immobilier dans nos villes. Il faudra être vigilant.

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