Agroalimentaire. Année fatale pour la conserverie Minerve, à Quimperlé

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Mise en liquidation en avril et offre de reprise rejetée en novembre. La conserverie Minerve, spécialisée dans le soja et la châtaigne, a coulé en 2016. L'avocate annonce de prochains combats en faveur des salariés de Quimperlé et Quéven (Finistère).

Liquidation le 1er avril

Liquidée le 1er avril par le tribunal de commerce de Lorient, l'entreprise Minerve, laissait près de 75 employés sur le carreau entre Quéven, siège et unité de production, et Quimperlé, site de stockage (Finistère). Minerve était une conserverie spécialisée dans le soja et la châtaigne.

Pendant 79 jours à suivre, au rythme des 3x8, le site quimperlois est resté sous la garde consciencieuse des employés licenciés. Ils se battent sur plusieurs fronts : pour une bonne reconnaissance de leurs droits, pour qu'aboutisse une enquête menée pour détournement de fonds à l'encontre de leurs anciens dirigeants et pour une reprise.

 

Les locaux de Quimperlé de la conserverie Minerve sont désormais abandonnés.

 

Offre de reprise rejetée en novembre

Depuis la liquidation, ils n'ont jamais perdu l'espoir de trouver un repreneur. Ils ont multiplié les actions : opérations escargot sur la voie express, aux ronds-points, vente sur les marchés pour montrer leur savoir-faire, discussions lors de rencontres avec des élus du Morbihan, du Finistère, les représentants de l'État... Rien n'y a fait.

Leur sort a été définitivement scellé fin novembre quand le tribunal de commerce de Lorient a annoncé rejeter l'offre d'un repreneur, la société Terminio Frutta. Le liquidateur trouvait l'offre de 400 000 € trop basse. La conserverie ne renaîtra pas. Les salariés n'y retrouveront plus un emploi.

Lire aussi : Le mandataire judiciaire explique pourquoi l'offre de Terminio Frutta a été rejetée

 

Les locaux de Quimperlé de la conserverie Minerve sont désormais abandonnés.

 

Encore des combats à mener

Avant l'été, certains débutaient déjà des formations pour trouver un nouvel emploi dans une autre filière. Les machines sont vouées aux enchères. La décision est sans recours. Minerve, c'est fini.

Ardente défenseur des Isobox à Bannalec (Finistère) ou des « Jeannette » en Normandie, l'avocate des Minerve, Maître Élise Brand, promet de nouveaux combats. Devant les Prud'hommes, par exemple, ou encore face à l'État.

Quant aux salariés, unis dans, et par, la bataille, alors que jamais ils n'avaient manifesté ou revendiqué auparavant, ils restent fiers de leur entreprise. Et comme ils disent : « En fin de compte, on reste des Minerve... »

 

Les locaux de Quimperlé de la conserverie Minerve sont désormais abandonnés.
Les locaux de Quimperlé de la conserverie Minerve sont désormais abandonnés.

 

Par Béatrice GRIESINGER.   Ouest-France